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Le lien de causalité : Commentaire de l'arrêt Perruche (Assemblée plénière, 17 novembre 2000)

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Le rôle des médias dans une société démocratique

Résumé de l'exposé

La production médiatique de la guerre du Golfe fut, dès son déclenchement, un révélateur du poids des médias dans les sociétés occidentales, mais aussi de leur fragilité. La couverture de cette guerre par les médias débuta réellement le 16 janvier 1991 et illustra une double tendance de ceux-ci : à la fois une surinformation et une désinformation, c'est-à-dire une accumulation d'images spectaculaires et un contrôle à la source des principales informations par les autorités militaires.
Les relations entre les journalistes et les militaires, dont on a pu avoir une nouvelle illustration au cours des frappes aériennes en Yougoslavie et au Kosovo, ont permis à ces derniers de transmettre des informations erronées. Pourtant, une enquête d'opinion menée immédiatement à l'issue du conflit indiqua que plus des trois-quarts de la population française estimait avoir été bien informés durant le conflit.
La guerre du Golfe, qui constitue un tournant dans le traitement médiatique des conflits armés, et d'autres guerres depuis, apportent la preuve qu'il existe aujourd'hui une étroite relation entre la vision qu'ont les citoyens-individus de l'évolution de leur Etat et de leur Nation, et le traitement médiatique que reçoit la vie d'un régime politique, essentiellement à travers un petit nombre d'événements soigneusement choisis. Cela ne revient pas à dire que les médias aient plus de pouvoir ou plus d'influence sur les personnes qu'”auparavant” : il n'existe pas d'âge d'or de l'autonomie de jugement des citoyens. Jusqu'à la naissance de la République en France par exemple, on sait que les journalistes ont toujours eu un rôle plus ou moins déterminant. Cela ne revient pas non plus à dire que les démocraties se soient elles-mêmes réduites à une succession d'actes donnant l'impression que la vie de celles-ci n'est rythmée que par l'événementiel et l'éphémère, voire, aux yeux de certains, la manipulation à travers une stratégie de communication bien organisée. Dans un cas comme dans l'autre, il est assez aléatoire de juger qu'il y a eu une évolution décisive.

Ce qui a donc changé, ce n'est non pas tellement la relation entre les médias et la démocratie, c'est bien plus les médias d'une part et la démocratie d'autre part. Les médias se sont diversifiés, ils se sont également organisés sous la forme d'entreprises parfois puissantes sur lesquelles s'exercent des enjeux financiers importants. La démocratie de son coté connaît une crise de légitimité, du fait du relatif discrédit des élites tant au niveau des représentants que des gouvernants ou des experts. Et dans les deux cas, la conséquence en a été une modification du citoyen-individu, qui est aussi un consommateur, avide d'images -dans tous les sens du terme- instructives, divertissantes ou spectaculaires, mais qui n'a pas non plus, quoi qu'on en dise, totalement perdu son sens critique, même si celui peut s'exercer de manière très inégale.

C'est de ce constat qu'est née la notion de “démocratie d'opinion”, dont la pertinence est vérifiée chaque jour, au gré des multiples sondages, des reportages démagogiques, des films stéréotypés, ou du contenu parfois douteux du point de vue du respect des libertés individuelles de certains sites internet. Que ce type de démocratie, à supposer qu'il puisse être considéré comme tel, existe, c'est une réalité incontournable ; que son pouvoir soit le témoin d'une certaine dérive des régimes démocratiques, c'est également certain, encore qu'il convienne d'en restituer l'exacte portée.
De fait il apparaît que la démocratie des médias certes modifie les règles du jeu démocratique normal, mais il serait exagéré de faire de la politique une victime de l'influence des médias, tant ceux-ci sont nécessaires à la constitution d'un espace public, un des fondements de la démocratie.

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