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Le lien de causalité : Commentaire de l'arrêt Perruche (Assemblée plénière, 17 novembre 2000)

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Nietzsche, Gai Savoir, Paragraphe 344

Extraits de l'exposé

[...] Il y a du vrai dans la thèse que Nietzsche semble défendre. En effet, ne peut-on pas voir des risques dans la nécessité de vérité absolue de la science ? L’expérience nous en a montré les dérives à plusieurs moments de l’Histoire: les deux premières Guerres Mondiales, avec leurs millions de morts, durant lesquelles ont été utilisés des gaz mortels, cette soif de vérité des médecins nazis qui se livraient à des expérimentations sur des cobayes humains dans les camps, l’invention de nouvelles armes, comme la bombe atomique Autant d’exemples pour montrer que la science a parfois été le complice immature de la folie meurtrière des hommes. [...]


[...] Après avoir explicité le paradoxe de la science, ce texte pourrait venir ébranler notre foi en la science : elle repose elle aussi sur une croyance, la foi en la nécessité d’une vérité absolue. De son examen, il découle que ce postulat présente bel et bien des dangers potentiels pour la vie lorsque la découverte de la vérité a pour but de faire le mal où lorsque nous ne pouvons vivre en faisant face à ces vérités. Mais il serait faux d’estimer que les hommes n’éprouvent pas aussi un grand besoin de vérité pour comprendre le réel qui les entoure, et les dérives engendrées par la science ne l’empêcheront pas de continuer à se faire ressentir ; il faut donc admettre ce principe initial. [...]


[...] Comment prendre en compte les inquiétudes sous jacentes exprimées par Nietzsche tout en continuant à croire en la science ? Nietzsche débute son texte en s’appuyant sur une opinion commune dont il reconnaît la véracité on dit avec juste raison : les convictions n’ont pas droit de cité dans la science. Effectivement, la science, comme elle a pour but de dire la vérité, ne peut se fier aux convictions, car la certitude qu’ont les individus de détenir la vérité ne prouve aucunement qu’ils la détiennent ; les croyances, mêmes les plus fortes, s’opposent souvent, et il en résulte qu’elles sont insuffisantes pour déterminer la vérité. [...]


[...] Il faut bien l’admettre, c’est un postulat, une conviction. La science, qui est un édifice que l’on croyait pourvue d’une totale cohérence interne de haut en bas, puisque tous les éléments qui la constituent étaient censés être rigoureusement prouvés, repose sur un postulat, une hypothèse de départ ! Alors oui, en effet, nous ne pouvons que reconnaître, non sans surprise, que nous, qui nous fions en la science, nous sommes encore pieux Le paradoxe éclate en plein jour; l’affirmation de départ est remise en question. [...]


[...] Ce postulat est aussi la manifestation du désir des hommes à utiliser leur raison, cette raison qui leur permet de combattre les superstitions et les préjugés ; il s’agit de la croyance humaine en la raison. Comme l’a dit Hegel Le réel est rationnel, et le rationnel est réel si bien que cette croyance n’est en aucun cas opposée à la vérité, bien au contraire, elle la permet. Et si Nietzsche critique cette contradiction de la science, qu’a-t-il de mieux à nous proposer ? Et ne s’inclut-il pas lui-même dans le pronom nous lorsqu’il dit en quoi nous sommes, nous aussi, encore pieux ? Il reconnaît donc implicitement croire lui-même en la science. [...]


[...] Ce manque d’assurance feint par Nietzsche permet, on le voit bien, d’enclencher la troisième et dernière partie du texte (l.16 à 28). A partir de la ligne 16, Nietzsche apporte un nouvel élément à sa démonstration qui va permettre la mise en lumière d’une contradiction. Il commence d’abord par confirmer le doute qu’il vient de faire naître en se demandant si l’existence d’une conviction n’est pas déjà indispensable pour que cette discipline elle-même puisse commencer insistant sur le caractère absolu, impérieux de cette conviction qui exige que toutes les autres soient rejetées et dont il n’a pas encore pour l’instant révélé la nature. [...]


[...] La science repose sur une croyance, soit. Force est toutefois de constater qu’elle énonce bel et bien des vérités. Il est par exemple certain que le carré de l’hypoténuse d’un triangle rectangle est égale à la somme des carrés des deux autres cotés. Par conséquent, cette conviction sur laquelle elle s’établit ne l’empêche pas d’énoncer ces vérités Il n’y a donc peut-être pas d’opposition en ce postulat initial et la totale cohérence interne de la science. Cela nous conduit à l’examen attentif de cette conviction : ne serait-elle pas bien plus qu’une croyance ordinaire, et non dépourvue elle-même de cohérence ? [...]